ACCLIMATEMENT


ACCLIMATEMENT
ACCLIMATEMENT

ACCLIMATEME

Transportés d’un milieu à un autre, les végétaux ou les animaux présentent des réactions cellulaires, tissulaires ou fonctionnelles qui assurent un nouvel équilibre métabolique malgré les modifications des facteurs climatiques.

À l’état normal, les mécanismes homéostatiques maintiennent une normalité fluctuante du milieu intérieur de l’organisme dans les diverses manifestations de la vie courante (changement de position, déplacements, travail professionnel, etc.). Lors des changements de l’environnement, ces variations peuvent s’amplifier considérablement.

Si le sujet séjourne plus longtemps dans un milieu inhabituel, l’organisme met en jeu des réactions plus profondes, plus complètes, avec la participation plus active des systèmes enzymatiques, du système nerveux végétatif et des glandes endocrines. Il entre dans la phase d’adaptation . C’est encore un état très instable, pendant lequel tend à se créer un nouvel équilibre physiologique.

Certains auteurs ont qualifié l’état qui vient d’être décrit d’«adaptation individuative», tendant à faire ressortir le caractère singulier du phénomène, qui varie suivant les individus. On peut rattacher à ces premières phases de l’acclimatement le syndrome général d’adaptation de Selye, désignant toutes les réactions non spécifiques de l’organisme soumis à n’importe quel agent d’agression susceptible de compromettre son équilibre vital. On peut distinguer ainsi une «réaction d’alarme», une «période de résistance» et un «stade d’épuisement» qui peut du reste n’être pas atteint. H. Laborit a insisté sur les oscillations réactionnelles de la période de résistance.

À la longue, un nouvel équilibre semble être trouvé: le sujet est acclimaté . En réalité, cet état de calme ne signifie pas une stabilité parfaite. Comme lors des autres phases (quoique plus rarement), il peut se produire encore certains troubles pathologiques témoignant d’une faillite de l’acclimatement.

L’adaptation à la vie en montagne est typique de l’acclimatement. En montagne, l’organisme ne réagit pas immédiatement: c’est la phase d’indifférence (ou Zeitreserve de Strugohl). Pour que cette phase soit dépassée à des altitudes de 2 000 à 3 000 mètres, il faut environ une heure; mais au-dessus de 10 000 mètres la réserve de temps n’est que de 15 secondes. Succédant à la phase d’indifférence, une réaction par augmentation de la ventilation pulmonaire, du rythme cardiaque et de la pression artérielle caractérise l’accommodement à court terme. Si la compensation obtenue est insuffisante, le processus de défense immédiat est débordé, ce qui produit le mal des montagnes aigu ou mal d’altitude.

Qu’il y ait eu mal des montagnes ou non au cours de l’ascension, le sujet qui s’installe quelque temps en altitude entre dans la phase d’adaptation. La polyglobulie, l’hyperventilation, l’accélération cardiaque permettent un meilleur transport de l’oxygène vers les tissus. Cependant, à ce stade, on observe fréquemment des troubles nerveux, insomnie, vertiges, montrant qu’avec la tendance à l’hypersympathicotonie se manifeste une contre-régulation parasympathique (Fleisch et Grandjean). Ces réactions, auxquelles de nombreuses autres peuvent s’ajouter, montrent la mise en jeu de l’ensemble des processus régulateurs, avec des oscillations plus ou moins importantes.

Lors d’un séjour prolongé en montagne, à la suite de la lutte de l’organisme contre les éléments du milieu extérieur, le calme revient. La respiration reste accélérée, mais le rythme cardiaque se ralentit. Les montagnards présentent même, parfois, de la bradycardie. C’est là un phénomène témoignant d’un bon acclimatement. La polyglobulie persiste, la pression artérielle est basse (Hurtado) quoiqu’il y ait une augmentation de la pression dans l’artère pulmonaire.

L’acclimatement peut se maintenir pendant longtemps lors du retour en plaine. Lorsque le sujet reste en montagne, on voit parfois brusquement se manifester d’importants troubles physiopathologiques. C’est alors le mal chronique des montagnes, subaigu ou grave (la polycythemia vera de Monge).

Chez les ethnies vivant en haute montagne, on peut observer des caractères héréditaires qui facilitent la vie: on a signalé chez les sujets congénitalement acclimatés des modifications structurales comme l’augmentation du thorax et l’hypertrophie cardiaque.

Tous les facteurs d’ambiance semblent capables de provoquer, dans les mêmes conditions, des réactions d’acclimatement, sous réserve que l’intensité ne soit pas trop violente dès le début de l’exposition. Des travaux récents, américains d’une part et russes d’autre part, montrent que l’acclimatement au froid, à la chaleur, aux vibrations, aux bruits, aux accélérations et peut-être à l’absence de pesanteur semble débuter après trois semaines d’exposition environ.

acclimatement [ aklimatmɑ̃ ] n. m.
• 1801; de acclimater
1Le fait, pour un organisme, de vivre et se reproduire dans un milieu différent de son milieu d'origine. Acclimatement d'une espèce aux climats froids. acclimatation.
2(Personnes) Vieilli Le fait de s'habituer à un autre milieu.

acclimatement nom masculin Action de se familiariser, de s'adapter à quelque chose de nouveau ; résultat de cette action. Adaptation individuelle d'un organisme humain, animal ou végétal à un autre climat que celui de son lieu d'origine. ● acclimatement (difficultés) nom masculin Orthographe Avec deux c. Sens Une nuance de sens sépare ces deux mots. 1. L'acclimatation = l'action d'habituer un animal ou une plante à un nouveau milieu. Un jardin d'acclimatation. 2. L'acclimatement = le fait, pour un être vivant, de s'habituer à un nouveau milieu. L'acclimatement d'une plante à l'altitude. Remarque L'acclimatation suppose l'intervention de l'homme, c'est un ensemble d'opérations provoquées et contrôlées. L'acclimatement est spontané et naturel, ou résulte de l'acclimatation (dans laquelle la volonté du sujet acclimaté, animal ou végétal, n'intervient pas). ● acclimatement (synonymes) nom masculin Adaptation individuelle d'un organisme humain, animal ou végétal à un...
Synonymes :
Contraires :

acclimatement
n. m. SC NAT Résultat de l'acclimatation; état d'un sujet qui s'est acclimaté.

⇒ACCLIMATEMENT, subst. masc.
A.— BIOL., vieilli. [En parlant d'un être vivant, d'un organisme] Fait de s'habituer ou d'être habitué à vivre et à se reproduire dans un milieu différent de son milieu d'origine (correspondant au verbe s'acclimater). Synon. acclimatation :
1. En conséquence, l'objet que se propose le naturaliste philosophe, c'est précisément de mettre en relief les conditions d'harmonie qui rendent raison de l'acclimatement des espèces, de l'équilibre final entre les causes de propagation et de destruction, et en un mot de la permanence des résultats observés.
A. COURNOT, Essai sur les fondements de nos connaissances, 1851, p. 27.
2. Ce sont ces formes fébriles que l'on considérait comme des « fièvres d'acclimatement » chez les nouveaux résidents dans les pays paludéens.
BRUMPT, Précis de parasitologie, 1910, p. 59.
B.— Au fig., vieilli. [En parlant de pers.] Fait de vivre dans un nouveau milieu :
3. Le ministre estimait que la classe 1917 ayant été incorporée en janvier, il fallait suivre ce précédent pour ne pas donner une impression analogue à celle que donnaient les Allemands, qui consommaient près de deux classes par an. Sans méconnaître ce point de vue, je plaidai en faveur d'une incorporation en octobre, saison plus propice à l'acclimatement. Cette date donnerait aux jeunes conscrits le temps de s'instruire dans les dépôts, et nous serions bien heureux de les trouver au printemps prochain.
J. JOFFRE, Mémoires, 1931, p. 345.
Rem. Sur la synon. avec acclimatation, cf. ce mot.
Prononc. :[]. PASSY 1914 et BARBEAU-RHODE 1930 transcrivent la 3e syllabe du mot avec [] post. mi-long. WARN. 1968 donne la possibilité d'une prononc. avec [] post. et [a] ant. (cf. aussi Harrap's 1963). Pt ROB. transcrit [a] ant. Enq. : //.
Étymol. ET HIST. — 1801 biol. « le fait de s'acclimater » (S. MERCIER, Néologie ou Vocab. des mots nouv., p. 8 : acclimatement, modification du tempérament d'un être animé qui change de climat, et dont la santé n'éprouve aucune altération de cette nouvelle température. Mon acclimatement en Égypte y a facilité beaucoup mes opérations). Selon BESCH. 1845, se dirait principalement de l'homme.
Dér. de acclimater, sens propre; suff. -ment1.
STAT. — Fréq. abs. litt. :2.
BBG. — BÉNAC 1956. — GARNIER-DEL. 1961 [1958]. — HUSSON 1964. — LITTRÉ-ROBIN 1865. — PRIVAT-FOC. 1870.

acclimatement [aklimatmɑ̃] n. m.
ÉTYM. 1801; de acclimater.
1 Biol., vieilli. Le fait pour un organisme de vivre et se reproduire dans un milieu différent de son milieu d'origine. || L'acclimatement d'espèces animales. Acclimatation, naturalisation. || Acclimatement d'une espèce aux climats chauds, froids.
2 (Personnes). Fig., vieilli. Le fait de s'habituer à un autre milieu. Accoutumance. || Après un siècle de colonisation, il n'y a pas d'acclimatement parfait chez ces descendants des premiers colons.
DÉR. Inaccoutumance.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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  • ACCLIMATEMENT — n. m. Adaptation d’un être, d’un organisme à un milieu nouveau …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 8eme edition (1935)

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  • acclimatement — …   Useful english dictionary

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